Citoyen ! citoyen ! c'Útait le passÚ sombre
Qui croulait, qui rÔlait, quand nous prţmes la tour !
Nous avions quelque chose au coeur comme l'amour.
Nous avions embrassÚ nos fils sur nos poitrines.
Et, comme des chevaux, en soufflant des narines
Nous allions, fiers et forts, et ša nous battait lÓ...
Nous marchions au soleil, front haut, comme cela,
Dans Paris ! On venait devant nos vestes sales.
Enfin ! Nous nous sentions Hommes !
Nous Útions pÔles, Sire, nous Útions saouls de terribles espoirs :
Et quand nous fűmes lÓ, devant les donjons noirs,
Agitant nos clairons et nos feuilles de chŕne,
Les piques Ó la main ; nous n'eűmes pas de haine,
Nous nous sentions si forts, nous voulions ŕtre doux !

Et depuis ce jour-lÓ, nous sommes comme fous !
Le tas des ouvriers a montÚ dans la rue,
Et ces maudits s'en vont, foule toujours accrue
De sombres revenants, aux portes des richards.
Moi, je cours avec eux assommer les mouchards :
Et je vais dans Paris, noir, marteau sur l'Úpaule,
Farouche, Ó chaque coin balayant quelque dr˘le,
Et, si tu me riais au nez, je te tuerais !