Fondé en 1961 par le Poète et Résistant, Jean-Pierre Rosnay, et animé par son fils Blaise, le Club des Poètes a pour vocation de "rendre la poésie contagieuse et inévitable" parce qu'elle est 'l'anti-polluant de l'espace mental", "le contrepoids et le contrepoison d'une existence qui tend à faire de nous des robots". Tous les soirs, du mardi au samedi, nous organisons des récitals au 30 de la rue de Bourgogne à Paris. Depuis 1996, sur Internet, vous pouvez découvrir les poètes que nous aimons, vous tenir au courant de l'agenda de nos soirées, découvrir notre podcast, communiquer avec nous et suivre au jour le jour toutes nos aventures poétiques. Bienvenue en Territoire de Poésie.
La poésie est vivante, vive la poésie.

Alfred de Vigny

Le Club
desPoètes

depuis 1961

Fondé en 1961 par Jean-Pierre Rosnay, et animé par son fils Blaise, le Club des Poètes a pour vocation de "rendre la poésie contagieuse et inévitable". Découvrez ici l'agenda de nos soirées, l'actualité de notre podcast, et une anthologie commentée des poètes que nous aimons.
30 rue de Bourgogne
75007 Paris
métro 13 Varennes

· UN POÈME · · UN POÈME ·
Fondé en 1961 par Jean-Pierre Rosnay et sa Muse et épouse, Tsou pour « rendre la poésie contagieuse et inévitable »

Du mardi au samedi
De 19h à 01h
Fermé dimanche et lundi
paris - 22 mai 2024 - page 6
histoire

« Ma vérité sur la vie, c'est le désespoir. Il est bon et salutaire de n'avoir aucune espérance"

Ainsi parlait le plus rigoureux et austère des poètes du mouvement Romantique, dont il fut un des principaux animateurs avec Alfred de Musset et Victor Hugo.

Dans sa pièce (qui fut pour une bonne part dans sa célébrité) Chatterton, le personnage principal, un poète, finit par se donner mort. Il s'agit bien d'un plaidoyer pour le poète et d'un réquisitoire contre la société: un thème qui n'a rien perdu de son actualité, un siècle après.

Et c'est bien cela qu'il a voulu nous laisser, une oeuvre aride et sombre, accusatrice et sans illusion, qu'il a soigneusement expurgée de tous les poèmes qui auraient pu témoigner d'un aspect plus léger et émouvant de sa personnalité: celui d'un homme sensible à la beauté et qui rendit toute sa vie hommage avec ferveur aux tendresses de la féminité.
Piers Tenniel

Chant de Suzanne au Bain

De l’époux bien-aimé n’entends-je pas la voix ?
Oui, pareil au chevreuil, le voici, je le vois.
Il reparaît joyeux sur le haut des montagnes,
Bondit sur la colline et passe les campagnes.

Ô fortifiez-moi ! mêlez des fruits aux fleurs !
Car je languis d’amour et j’ai versé des pleurs.
J’ai cherché dans les nuits, à l’aide de la flamme,
Celui qui fait ma joie et que chérit mon âme.

Ô ! comment à ma couche est-il donc enlevé !
Je l’ai cherché partout et ne l’ai pas trouvé.
Mon époux est pour moi comme un collier de myrrhe ;
Qu’il dorme sur mon sein, je l’aime et je l’admire.

Il est blanc entre mille et brille le premier ;
Ses cheveux sont pareils aux rameaux du palmier ;
A l’ombre du palmier je me suis reposée,
Et d’un nard précieux ma tête est arrosée.

Je préfère sa bouche aux grappes d’Engaddi,
Qui tempèrent, dans l’or, le soleil de midi.
Qu’à m’entourer d’amour son bras gauche s’apprête,
Et que de sa main droite il soutienne ma tête !

Quand son cœur sur le mien bat dans un doux transport,
Je me meurs, car l’amour est fort comme la mort.
Si mes cheveux sont noirs, moi je suis blanche et belle,
Et jamais à sa voix mon âme n’est rebelle.

Je sais que la sagesse est plus que la beauté,
Je sais que le sourire est plein de vanité,
Je sais la femme forte et veux suivre sa voie :
« Elle a cherché la laine, et le lin, et la soie.

« Ses doigts ingénieux ont travaillé longtemps ;
Elle partage à tous et l’ouvrage et le temps ;
Ses fuseaux ont tissu la toile d’Idumée,
Le passant dans la nuit voit sa lampe allumée.

« Sa main est pleine d’or et s’ouvre à l’indigent ;
Elle a de la bonté le langage indulgent ;
Ses fils l’ont dite heureuse et de force douée,
Ils se sont levés tous, et tous ils l’ont louée.

« Sa bouche sourira lors de son dernier jour. »
Lorsque j’ai dit ces mots, plein d’un nouvel amour,
De ses bras parfumés mon époux m’environne,
Il m’appelle sa sœur, sa gloire et sa couronne.
1820-1822