Fondé en 1961 par le Poète et Résistant, Jean-Pierre Rosnay, et animé par son fils Blaise, le Club des Poètes a pour vocation de "rendre la poésie contagieuse et inévitable" parce qu'elle est 'l'anti-polluant de l'espace mental", "le contrepoids et le contrepoison d'une existence qui tend à faire de nous des robots". Tous les soirs, du mardi au samedi, nous organisons des récitals au 30 de la rue de Bourgogne à Paris. Depuis 1996, sur Internet, vous pouvez découvrir les poètes que nous aimons, vous tenir au courant de l'agenda de nos soirées, découvrir notre podcast, communiquer avec nous et suivre au jour le jour toutes nos aventures poétiques. Bienvenue en Territoire de Poésie.
La poésie est vivante, vive la poésie.

Max Jacob

Le Club
desPoètes

depuis 1961

Fondé en 1961 par Jean-Pierre Rosnay, et animé par son fils Blaise, le Club des Poètes a pour vocation de "rendre la poésie contagieuse et inévitable". Découvrez ici l'agenda de nos soirées, l'actualité de notre podcast, et une anthologie commentée des poètes que nous aimons.
30 rue de Bourgogne
75007 Paris
métro 13 Varennes

· UN POÈME · · UN POÈME ·
Fondé en 1961 par Jean-Pierre Rosnay et sa Muse et épouse, Tsou pour « rendre la poésie contagieuse et inévitable »

Du mardi au samedi
De 19h à 01h
Fermé dimanche et lundi
paris - 01 mars 2024 - page 6
histoire
Il y a soixante ans, Max Jacob (1876-1944) quittait cette planète. Toute sa famille avait été arrêtée et assassinée par les nazis et les traîtres français qui collaboraient avec eux, Max Jacob l'un des plus déterminants poètes du XXème siècle devait hélas subir le même sort. Nous n'oublierons jamais les conditions de la mort de Max à Drancy. Du Cabinet Noir au Cornet à dés en passant par Cinématoma, Le Laboratoire Central et les poèmes d'un certain Morvan Le Gaélique, il y a chez Max Jacob suffisamment de nouveautés inusables et de facéties pour satisfaire les esprits les plus gourmands. Cet homme, dirait celui qui lirait Max Jacob d'aventure, sans souci de position ni de hiérarchie, est sûrement un poète. Il est vrai qu'il y a beaucoup de poésie dans la poésie de Max Jacob. En deux mots comme en quatre et même en un seul : Max Jacob était un poète, ce qui n'est pas vrai de tous les poètes ou, pour être plus précis, de tous ceux qui sont considérés comme tels sous le prétexte qu'ils ont écrit ou écrivent des poèmes.Toute ma vie, ici comme ailleurs, j'aurai été en porte-à-faux. Et encore, je me retiens de proclamer tout haut tout ce que je ressens, tout ce que je crois. Il n'y a rien que je haïsse autant que les moutons de Panurge. Vive Max Jacob ! Vive Robert Desnos ! Vive René Daumal ! Et puis, comme disait ma grand'mère: - Des goûts et des couleurs!
Jean-Pierre Rosnay

La rue Ravignan

Importuner mon fils
A l'heure où tout repose
Pour contempler un mal dont toi-même souris
L'incendie est comme une rose
Ouverte sur la queue d'un paon gris
Je vous dois tout
Mes douleurs et mes joies
J'ai tant pleuré pour être pardonné
Cassez le tourniquet où je suis mis en cage
Adieu barreaux
Nous partons vers le Nil
Nous profitons d'un sultan en voyage
Et des villas bâties avec du fil
L'orange et le citron tapisseraient la trame
Et les galériens ont des turbans au front
Je suis mourant
Mon souffle est sur les cimes
Des émigrants j'écoute les chansons
Port de Marseille
Ohé la jolie ville
Les jolies filles et les beaux amoureux
Chacun ici est chaussé d'espadrilles
La Tour de Pise et le marchand d'oignon

Je te regrette O ma rue Ravignan
De tes hauteurs qu'on appelle antipodes
Sur des pipeaux m'ont enseigné l'amour
Douces bergères et leurs riches atours
Venues ici pour nous montrer les modes
L'une était folle
Elle avait une bique
avec des fleurs sur ses cornes de paon
L'autre pour les refrains de nos fêtes bachiques
La vague et pure voix qu'eût rêvée Malibran
L'impasse de Guelma a ses corregidors
Et la rue Caulaincourt ses marchands de tableaux
Mais la rue Ravignan est celle que j'adore
Pour les cœurs enlacés de ses porte-drapeaux
Là taillant des dessins dans les perles que j'aime
Mes défauts les plus grands furent ceux de mes poèmes
, Le cornet à dés