Fondé en 1961 par le Poète et Résistant, Jean-Pierre Rosnay, et animé par son fils Blaise, le Club des Poètes a pour vocation de "rendre la poésie contagieuse et inévitable" parce qu'elle est 'l'anti-polluant de l'espace mental", "le contrepoids et le contrepoison d'une existence qui tend à faire de nous des robots". Tous les soirs, du mardi au samedi, nous organisons des récitals au 30 de la rue de Bourgogne à Paris. Depuis 1996, sur Internet, vous pouvez découvrir les poètes que nous aimons, vous tenir au courant de l'agenda de nos soirées, découvrir notre podcast, communiquer avec nous et suivre au jour le jour toutes nos aventures poétiques. Bienvenue en Territoire de Poésie.
La poésie est vivante, vive la poésie.

Pablo Neruda

Le Club
desPoètes

depuis 1961

Fondé en 1961 par Jean-Pierre Rosnay, et animé par son fils Blaise, le Club des Poètes a pour vocation de "rendre la poésie contagieuse et inévitable". Découvrez ici l'agenda de nos soirées, l'actualité de notre podcast, et une anthologie commentée des poètes que nous aimons.
30 rue de Bourgogne
75007 Paris
métro 13 Varennes

· UN POÈME · · UN POÈME ·
Fondé en 1961 par Jean-Pierre Rosnay et sa Muse et épouse, Tsou pour « rendre la poésie contagieuse et inévitable »

Du mardi au samedi
De 19h à 01h
Fermé dimanche et lundi
paris - 16 juillet 2024 - page 6
histoire
Pablo Neruda, le poète le plus populaire du Chili, nous a fait la joie de venir au Club des Poètes lorsqu'il était Ambassadeur à Paris. Jean-Pierre Rosnay, qui s'était lié d'amitié avec lui, voulut lui consacrer une de ses émissions à la télévision, mais bien que, comme chacun sait, la censure n'ait jamais existé en France, les bandes de cette émission furent malencontreusement perdues par les responsables de la télévision, et l'émission de Jean-Pierre Rosnay "suspendue jusqu'à nouvel ordre pour cause de réorganisation de la grille des programmes". Heureusement, les poètes se passent très bien de la télévision, et leurs oeuvres, quels que puissent être "les impératifs de programmation" qui les écartent des "grands" médias, se perpétuent, de la main à la main, de la bouche à l'oreille, et donc de l'âme à l'âme. On se souviendra des poèmes de Pablo Neruda, alors qu'on ne saura même plus quel était le nom de celui qui dirigeait la télévision française dans les années 70 (qui était-ce au faité). La petite lucarne était d'ailleurs bien étroite pour accueillir un poète qui fut tour à tour poursuivi par les autorités de son pays et candidat aux éléctions présidentielles, fugitif et ambassadeur, ennemi public N°1 et Prix Nobel de Littérature.

Je prends congé, je rentre…

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.
1950, El Canto General